LE SUMO


Art Martial - Sumo

Forme de lutte japonaise dont la pratique est traditionnellement réservée à des athlètes d'un gabarit très particulier.


On considère généralement le Chikara-kurabé, élaboré au IIIe siècle avant Jesus-Christ, comme étant à l'origine du Sumai, lequel donna naissance au Sumo. Le premier combat de Sumo rapporté par l'histoire et la légende semble avoir été celui ayant opposé, vers 23 avant Jésus-Christ, sous le reigne de Suinin, les lutteurs Nomi-No-Sukuné et Tajima-No-Kéhaya. Le combat se déroule devant la Cour Imperial. Sukuné projeta son adversaire au sol, puis il enchaîna avec une série de coups de pieds qui provoquèrent la mort de Kéhaya. Sukuné est considéré, depuis comme le fondateur légendaire de la discipline (bien que le Sumo actuel n'autorise pas l'utilisation des coups de pieds).



Le maître Kenji Tokitsu a mis en évidence que le Sumo s'est aussi développé à partir d'un art nommé Tégoi, il s'agit de l'art martial japonais le plus anciennement mentionné dans les documents écrits, et qui comprenait aussi bien les techniques de frappes que celles de la lutte. Par la suite, sous l'influence chinoise, les frappes du Tégoi furent interdites et ce fut le commencement du Sumo sous la forme d'une lutte associée à quelques frappes de la main ouverte. Au cours de la période Nara, le Sumo est déjà un divertissement présenté lors des fêtes de la Cour Impériale. Durant la Période Kamatura, il est surtout considéré comme un art militaire, pratiqué par les soldats (bushi) dans le but de développer leur force musculaire. Par la suite, le Sumo perdra ses caractéristiques martiales pour se transformer peu à peu en une forme de lutte pratiquée par les civils.

C'est dans la période Tokugawa (1603-1867) que le Sumo connut son apogée, les lutteurs devinrent de véritables professionnels et la discipline fut l'un des spectacles les plus prisés de toutes les couches de la population japonaise, les chefs provinciaux (les Daimyo) et le Shogun (généralissime) lui même assistaient aux combats les plus importants, assurant ainsi au Sumo une reconnaissance officielle. Les premiers tournois de cette période, nommés Kanjin-sumo, avaient pour but de collecter suffisamment d'argent pour entreprendre la construction ou la rénovation d'édifices religieux, bouddhiste ou Shintô. Les plus grands champions de l'époque furent Kajinosuké Tanikazé et Onogawa.
A la fin de la Période Tokugawa, de nouvelles règles furent enfin instituées, concernant l'aire de combat, le classement des combattants, les rituels de la compétition et la nomenclature technique. Bien qu'il soit empreint d'un cérémonial religieux de type Shintô, le sumo d'aujourd'hui s'apparente davantage à un sport qu'à un art martial, puisque l'unique but de l'entraînement est la pratique de la compétition.

Art Martial - Sumo Les lutteurs de Sumo sont classés en huit catégories. Les catégories juryo (séniors) et maku-uchi (champions), forment le groupe des sékitori. Pour l'ensemble du Japon, le nombre de juryo est limité à vingt-six et celui des maku-uchi à trente-huit, soit un total de soixante-quatre sékitori. Le groupe des maku-uchi est divisé en deux catégories, les maégashira et les sanyaku. Les sanyaku sont eux mêmes divisés en komusubi, sékiwaké, ozéki et yokozuna.
Devenir yokozuma est le but suprême de tous les lutteurs de Sumo, mais les difficultés pour y parvenir sont telles que, depuis le XVe siècle, une soixantaine de lutteurs seulement ont obtenu le titre le plus envié du Japon. Le jeune lutteur devra tout d'abord être accepté au sein d'un école spécialisée, qui le soumettra à une discipline draconienne. Sur la base d'un poids de corps minimal de soixante-quinze kilos, il sera astreint à un régime alimentaire destiné à lui faire atteindre le poids moyen de cent trente à cent cinquante kilos. La journée d'un sumotori est plutôt monotone. De sept heures à dix heures, entraînement matinal. Les jeunes lutteurs arrivent les premiers, le yokozuma ne vient qu'en dernier. L'entraînement comprend deux parties : butsugari-geiko, le travail de poussée, où les anciens projettent les débutants et sanban-geiko, le travail des projections avec le même partenaire. Puis c'est l'heure du bain. Là, le yakozuna passe ne premier. Vient ensuite l'un des deux repas quotidien du sumotori. Les repas, très copieux, sont pris en commun. Ce sont les plus jeunes qui cuisinent. La nourriture est à base de riz accompagné de poisson, de viande et de légumes. L'après midi est consacré à la sieste, car le lutteur doit conserver ses forces intactes et prendre du poids. On estime qu'un sumotori en activité prend dix kilos chaque année.

La Nippon Sumo Kyôkai (Japan Sumo Association) organise tous les ans six tournois qui durent chacun quinze jours : trois à Tokyo et les trois autres à Osaka, Nagoya et Fukuoka. Les combats se déroulent au centre du dohyô, espace surélevé composé d'une surface circulaire d'un diamètre d'environ 4,60 mètres, tracée dans un carré de près de six mètres de côté. La victoire est obtenue en repoussant l'adversaire hors des limites circulaires du dohyô (un pied à l'extérieur suffit) ou en le projetant à l'intérieur même du cercle.