LE PENCHAK SILAT


Art martial : Penchak-Silat Art martial indonésien, le Penchak-silat fut élaboré au cours des siècles de manière collective, à partir d'éléments autochtones régulièrement influencées par les méthodes indiennes, thaïlandaises, chinoises et japonaises.
Il existe de très nombreux style de Penchak-Silat, et tous se fondent sur une forme de combat reposant essentiellement sur l'efficacité de coups frappés sur des points vulnérables. Il se complète également d'un entraînement mental dans lequel l'hypnose joue un rôle fondamental ainsi qu'il est possible de voir dans de nombreuses danses rituelles au cours desquelles les combattants entrent en transes et s'identifient en un puissant mimétisme corporel de tel ou tel type d'animal.



Les origines du Penchak-silat


Selon certaines source, le Penchak-silat né en Indonésie, dans l'île de Java, tandis que le Silat serait apparu à Sumatra (Indonésie) et en Malaisie. C'est en 1948 seulement, qu'une fédération nommée Ikatan Penchak Silat Indonesia utilisa pour la première fois le terme composé de Penchak-silat pour désigner officiellement l'art martial indonésien.
Certains chercheurs, notamment le maître américain Donn Draeger affirment que le Penchak-silat moderne s'est réellement structuré sur la base d'un esprit nationaliste, lors des guerres d'indépendances menées par l'Indonésie après la Seconde Guerre Mondiale.
Les plus anciens bas-reliefs que l'on peut trouver en Indonésie concernant une forme locale de combat se trouvent sur les murs du temple de Borobuhur dans le centre de Java, entre Yogyakarta et Solo (Surakarta). Ce temple date du VIIIe siècle et il est le plus grand temple bouddhiste du monde. Selon Donn Draeger, la plus ancienne figure légendaire du Penchak-silat fut probablement Huang Tuah, qui aurait vécu au XIVe siècle. Huang Tuah eut pour instructeurs les maîtres Adi Putera et Persanta Nala.
Pendant longtemps, le Penchak fut considéré comme un art mystérieux, à l'efficacité presque magique. Les légendes des villages indonésiens où il est né font état d'influence animalières, et cela rappelle inévitablement les arts martiaux chinois qui utilisent, eux aussi, les techniques de combat de certains animaux. L'une des histoires les plus courantes sur le Penchak est celle d'un expert du nom de Mbah Kahir qui vivait dans la région de Bogor (Java) vers 1760. Mbah Kahir observa longuement les techniques de combat d'animaux comme le tigre, le serpent et le singe, avant de créer un système de combat connu sous le nom de Cimandé. Ce terme désigne en fait aujourd'hui davantage un courant des arts martiaux indonésiens qu'un style en particulier. En Indonésie, l'animal le plus prestigieux, devenu l'emblème de nombreuses écoles de combat, est le tigre. A Sumatra, le tigre est désigné sous le nom de Harimau. Le style Harimau se caractérise par des postures qui rappellent l'animal prêt à bondir, avec des positions de mains imitant les griffes. Il existe, de fait, des centaines de styles différents de Penchak-silat, portant chacun un nom précis en fonction de la région d'origine, du fondateur, etc...

Penchak-silat, efficacité avant tout !


Art martial : Penchak-Silat Le Penchak-silat a la réputation, comme d'autres arts martiaux, d'avoir été, à un moment de son histoire, la réponse d'un peuple à une oppression constante de la part d'envahisseur indésirables. Les maîtres du Penchak-silat eurent, en effet, à lutter contre les armées coloniales néerlandaises dès le XVIIe siècle, puis contre les militaires japonais et enfin contre des maîtres du Kun-tao ; ces derniers, devant la résistance des maîtres indonésiens, reconnurent ouvertement la haute valeur du Penchak-silat, ce qui contribua à renforcer la réputation de cet art martial.
Le maître de Karaté Masatsoshi Nakayama, de l'école Shotokan-ryu, a déclaré un jour : "Le Penchak-silat est une des formes de combat les plus dangereuses, voire mortelles, qui ait jamais existé".
De nos jours, la version à mains nues du Penchak-silat se compose d'un vaste ensemble de techniques de coups de poings, coups de pieds, coups de coudes, coups de genoux, blocages, saisies, projections et strangulations. La version armée, quand à elle, utilise l'arsenal traditionnel des populations indonésiennes : couteaux, machettes, dagues, sabres, faucilles, bâtons, lances, ainsi que le kris, célèbre poignard à lame sinueuse. Ce que l'on remarque, lorsque l'on voit bouger un expert en Penchak-silat, c'est la rapidité des mouvements, leur fluidité et leur précision. En tant qu'art martial traditionnel, le Penchak-silat a développé à un haut niveau la science des points vitaux. Pas question de frapper n'importe où. Les adeptes apprennent à repérer le trajet de certains nerfs, la faiblesse d'une articulation, la résistance d'un muscle afin de vaincre de manière décisive, dans le temps le plus bref possible. Confrontés aux réalités du combat, les maîtres du Penchak-silat ont opté pour une multiplication des mouvements de contre-attaque. Après une esquive ou un blocage, le pratiquant frappe plusieurs fois sous des angles différents, effectue une torsion de la tête de l'adversaire , pivote, brise un genou au passage, se baisse au ras du sol, bondit dans une direction imprévue, avant de conclure son enchaînement. C'est dynamique, dangereux et imprévisible.

Si Penchak et Silat sont deux mots différents pour désigner la même chose, et si, dans les dictionnaires de la langue indonésienne, l'expression Penchak-silat est définie comme : l'art de combat indonésien, les maître, quand à eux, donnent une définition beaucoup plus subtile de leur discipline. Le Penchak-silat est, pour eux, l'art de se connaître soi-même, afin de mieux connaître les autres pour se faire des amis.
Le Penchak-silat a pour vocation première la Self-défense, mais il doit aussi servir à se sentir mieux à l'intérieur de soi et à connaître la bio-mécanique du corps humain ; la pratique sportive, qui date des années 1940, est considérée comme un jeu dans lequel sont révélées les qualités athlétiques et mentales.