LE HUNG-GAR


Style de boxe chinoise de la Chine du sud


Art martial : Hung-gar Le Hung-gat est considéré par beaucoup comme le descendant direct de la technique élaborée par les moines guerriers du célèbre monastère de "la jeune forêt" (Shaolin-si).
C'est pourquoi on en parle également souvent en lui donnant plus spécialement le litre, procédé que d'autres styles contestent, de Siu-lam-pai (ou Sil-lum-pai, "boxe du Shaolin"). Le premier travail de synthèse qui fut à la base de cette école est à mettre au compte de HungHei-Gung qui avait étudié à deux sources. Pour la première, les récits traditionnels concordent : il se serait agi d'un expert du Shaolin, Chi Shin-sim qui aurait survécu à la destruction du temple au XVIIe siècle et qui enseignait la "forme du tigre" (Hu-quan), c'est à dire des techniques efficaces à long rayon d'action. La seconde source est moins claire : on trouve le nom de l'expert Wong (Fong) qui enseignait le style Wing-chun (techniques de corps à corps, toutes en esquives, à partir d'une observation intelligente des mouvements du héron), mais peut être était il un moine, peut être aussi une femme (Fong Wing-chun, une façon de simplement décrire le style de Fong ?), peut être aussi une allusion au fait que cette seconde forme de combat apprise par Hung Hei-Gung remontait à la fondatrice de ce style, Yim Wing-chu et peut être même à la none Ng-Mui.



HUng-Hei-Gung fit son propre travail de synthèse. Il en résultat une école qu'il batisa Hung-kuen, Fu-hok-pai ou Hong-quan-hu-he-pai (le "écoles du tigre et du héron du Sifu Hung") et basée sur le "tao du tigre et du héron". Ses successeurs transmirent sa technique mais revinrent aussi davantage sur les techniques de combat du serpent, du dragon et du léopard (on retrouve donc les cinq animaux du Wu-qin-xi de Hua To). Le style pris alors seulement son nom de Hung-gar.

Le style Hung-gar offre bien des similitudes avec le Karaté japonais : mêmes positions basses et stables avec concentration de force au point Tan-tien, mêmes alternances de techniques fortes et souples, explosives ou lentes, mêmes formes d'attaques avec participation du corps, mêmes principes de blocages et d'esquives. Selon le but recherché, un combattant de Hung-gar peut être indéracinable ou au contraire se revéler insaisissable dans ses déplacements fluides. Ce style porte toutefois moins d'attention aux techniques de jambes : les coups de pieds ne dépassent jamais le niveau de la poitrine de l'adversaire et vise en général davantage ses genoux ou ses chevilles dans le but d'écraser les articulations.
Par ailleurs, le Hung-gar fait un grand usage de la main ouverte : en plus des coups de poings on frappe de la paume, ainsi que des doigts arqués en "griffes" ou raidis en "pique", visant précisément les points vulnérables de l'adversaire.
De nombreux Sifu dont les noms sont inscrits dans les annales du Quan-fa ont été formés à l'école Hung-gar. L'un des plus connus fut Wong Fei-hung dont la vie nimbée de légendes a donné lieu à des dizaines d'adaptations cinématographiques racontant ses exploits. Son disciple le plus remarquable fut Lin-Shi-Rong (1861-1942) qui transmit à Zhao Jiao, père de Zhao Wei.